chez xoofoo

vendredi 10 novembre 2006

Nigeria : Tranche de vie

Note de mise en garde:
- A l'hôtel, demander un (vrai) café relève de la pure folie si on tient un tant soit peu à son estomac. Aussi demandé-je pour mon premier repas, le traditionnel Nescafé, qui dans un soucis d'auto-dosage impérieux, arrive sous forme d'un thermos, et d'un vieux pot de Nescafé presque vide (probablement pour qu'on parte pas avec)...
Cette opération prend en moyenne 25 minutes.
- Tous les dialogues sont bien évidemment traduits de l'anglais*.
- Tout (ou presque) se passe au téléphone


Mardi 7/11/06 - 7h45:
xoofoo : Allo, room service ? Bonjour, je voudrais un nescafé, s'il vous plait.
room service: Eau chaude ?
xoofoo : ...
xoofoo : Euh, oui et du sucre, merci !
room service: (raccroche).

Mercredi 8/11/06 - 7h45:
xoofoo : Allo, Bonjour ! Je me permet de vous appeler pour solliciter de votre un bienveillance un nescafé, s'il vous plait.
room service: 'Chaude ?
xoofoo : ...
xoofoo : Euh, oui merci et du sucre, merci !
room service: (raccroche).

Jeudi 9/11/06 - 7h45:
xoofoo : Allo bonjour très cher, j'espère que vous avez passé une bonne nuit ! Auriez-vous la gentillesse de me préparer un Nescafé, mais ne vous dérangez pas, je passerai le chercher moi même, dussé-je braver vents et marées.
room service: 'chaude ?
xoofoo : Oui, merc... (ne termine pas sa phrase)
room service: (raccroche).

jeudi 11/11/06 - 6h45:
room service : (frappe à la porte) Roooom serviiiiiiice !
xoofoo : (se réveille) gn...
room service : (frappe de plus belle à la porte) Roooom serviiiiiiice !
xoofoo : (à travers la porte) oui, c'est pour quoi ?
room service : Votre thé et votre café !
xoofoo : Merci c'est bien aimable, mais je vais aller me recoucher, n'ayant par devers moi, rien commandé. Cordialement, votre ami.
7h45:
room service : (raccroche)
7h46:
room service : (raccroche)
7h48:
xoofoo : Bonjour monsieur, je vo...
room service : Café ?
xoofoo : Si cela ne vous dérange pas trop, oui, je ve...(ne termine pas sa phrase) room service : (raccroche)

8h20:
(dans la chambre, le café vient d'arriver)
xoofoo (effaré, adresse une prière à Ste Rita) : (bouche ouverte, aucun son ne sort)
room service : (s'en allant) Ah, vous vouliez de l'eau chaude, avec ? Mais vous ne m'avez rien dit ! Il va falloir que je revienne, ça fait deux fois ce matin !
xoofoo : ...

Il n'est pas revenu...
Je crois que demain je commande par fax...


* Je sais, j'ai une aisance parfaite dans le champ sémantique de la demande polie...


vendredi 8 septembre 2006

Ne pas vendre la peau du chasseur...

Edit de ce billet:

Il y a des fois où malgré des négociations longues et épuisantes, certaines parties d'un tout décident de n'en faire qu'à leur tête. C'est arrivé sans préavis; comme une grève à la SNCF. Il n'y a pas eu de déclaration. Ni tambour, ni trompette.

Le soir tombait, et les étoiles commençaient à poindre entre deux cumulo nimbus, me rappelant la vacuité de l'existence. Les murs épais et barbeletisés de l'hôtel, semblaient malgré tout vouloir m'apporter le réconfort d'un foyer temporaire. Au loin, le tumulte de la ville s'estompait peu à peu. Les coups de klaxons devenaient moins réguliers. Quelques pensionnaires s'apprétaient à sortir, alors que je m'étais résolu à me coucher de bonne heure. Je suis rentré dans ma chambre et l'évidence s'est faite plus réelle. J'ai la méga chiasse Bon Dieu, tu comprends, la méga chiasse !

lundi 4 septembre 2006

Nigeria, mon amour

Le Nigéria. Alors par où commencer...
D'abord dire que c'est mon premier pays d'Afrique noire.*
Ensuite, dire que j'y suis arrivé dans un état de déprime que même un sketch de Gad Elmaleh m'aurait pas fait marrer, mais alors pas du tout. (pour dire...)
Bon, bref, j'ai fini par arriver, passer la douane, repérer mon nom écrit sur un papier, me faire escorter par un mec avec une mitraillette dès la sortie de l'aéroport :


Puis direction la société pour laquelle je suis ici, histoire de me faire briefer par le mec de la sécurité :

Bon, alors, le probleme, ici, c'est les gangs. Ils sont très bien armés et très bien renseignés. La semaine dernière, près de Port Harcourt, ils sont rentrés dans un guest house, et ils ont buté un ingénieur qui bossait pour nous...

Bon. Tu réfléchis, te dis que son métier c'est aussi un peu de te faire peur et que Port Harcourt, c'est pas Lagos.
Je suis ensuite arrivé dans la chambre qui m'avait été réservée dans un guest house non loin du bureau, pour admirer la vue de la salle de bain :

huumm sympa !

Je ne vais pas dire le contraire, le premier soir a été un peu dur...

Enfin. On se fait à tout, même à 190% d'humidité dans l'air.
Le plus dur je crois, c'est de ne pas pouvoir se ballader dans la rue à pied, et puis les désagréments dus au climat:
Les canalisations de la ville étant à ciel ouvert, et le climat (qualifié sous d'autres cieux "d'exotique") tropical font que, quand il pleut, tout ce qui est dans les canalisations se retrouve dans les rues ou sur les trottoirs, et quand il y a du soleil, ça pourrit gaiement dans une odeur sans trop de qualificatif. Je pense que passer une demie heure sur le périphérique parisien me fera le même effet qu'une semaine à la montagne :-)

Sinon, ben comme on travaille du lundi au samedi, que le samedi, c'est sortie au "why not" et au "pat's bar", ben du coup, il reste que la moitié du dimanche pour visiter un peu...
Quelques photos...


La rue où se trouve mon guest house.


La route, en direction de Lekki Market, où je devais trouver plein de souvenirs.


Lekki Market, en train de fermer ses portes.


Lekki Market again.


Les petits commerces sur Victoria Island.

Quelques points positifs tout de même :
- Mon estomac ne m'a (pas encore) laché
- Au supermarché du coin, il y a du Margaux à 30€ la bouteille, et du St Emilion à 20€.
- Je pensais être rompu aux conduites dangereuses après l'Algérie. Je découvre que ce n'est pas le cas. (découvrir, c'est beau)


Et une photo de mon meilleur copain :



La suite au prochain épisode !


* si on omet (oui oui omet, du verbe omettre) que j'ai passé un an au Gabon quand j'avais entre 6 mois et un an et demi)

dimanche 3 septembre 2006

Plage à Lagos


Au Nigeria, sur la plage, on s'allonge pas, non. On s'allonge pas.