J’aime les cadeaux de Noël, surtout avant Noël. (C’est normal si c’est pas très parlant pour le moment ; ça viendra plus tard).
Quand tu bosses Outre Méditerranée (c’est un peu comme Outre Atlantique, mais en moins loin, et ça n’a rien à voir avec Outre Tombe, ni avec Outreau), forcément pour rentrer chez toi le WE, à moins d’être maso et de le faire à dos de chameau ou pire avec la SNCM (ce qui revient au même), bah tu es obligé de prendre l’avion.
Je dois avouer ne pas avoir un goût particulièrement prononcé pour tout ce qui rime avec altitude (gratitude, mansuétude, bref, là n’est pas mon propos). C’est donc toujours avec un peu d’appréhension que je prends l’avion.
Surtout, quand, une fois assis au fond de l’avion côté hublot (parce que si je dois mourir, je préfère causer à la faucheuse direct dans les yeux pour voir si on peut pas négocier un peu) et qu’un monsieur arrive, en imperméable bleu, me demande si je suis bien monsieur xoofoo, et si je veux bien le suivre avec mes bagages.
Imaginant détenir à mon insu de la coke, un flingue, ou pire, un album de Vincent D, la panique m’envahit jusqu’au moment où, devant l’entrée du poste de pilotage, à l’écart des regards, le monsieur, qui s’avère être le commandant de bord, m’invite à assister au décollage et à l’atterrissage dans la cabine de pilotage.
Donc :
[Mode Zubrowka ON]
J’ai testé pour vous le décollage et l’atterrissage d’un Airbus A 320 en direct de la cabine de pilotage.
Au début, tu fais le malin, mais pas trop parce que t’as quand même un peu peur de déconcentrer l’équipage qui fait ses réglages et son plan de vol. Mais rapidement, la raison pour laquelle tu fais moins le malin, c’est que l’équipage commente la dernière soirée arrosée alors que la tour de contrôle dicte un plan de vol que même le Docteur Spock, il y comprendrait rien.
Puis t’arrives en début de piste de décollage, et le commandant met les gaz.
A partir de là, et jusqu’au moment où tu regagnes ta place, tu gardes les dents bien serrées, parce que si tu ouvres la bouche, l’équipage risque de perdre quelques points d’audition, et ça ferait mauvais genre pour les passagers d’entendre quelqu’un hurler dans la cabine de pilotage. Et ça c’est d’abord parce que tu vois bien, très bien, trop bien le bout de la piste arriver aussi vite qu’un kangourou qu’aurait une grippe intestinale, puis parce t’as l’impression que ton fauteuil tente de t’avaler le fondement, tellement t’es scotché au moment où l’avion décolle. Et là autant te dire, Space Mountain sous acide, à côté c’est un peu comme boire un demi cul-sec. Strofacile.
Pour l’atterrissage, la difficulté essentielle, une fois passé le plafond nuageux sans aucune visibilité, que t’as pas intérêt à croiser un avion sans pilote, la difficulté essentielle donc, tient dans l’alignement de la trajectoire de l’avion avec celle de la piste. Et ça c’est pas rien. T’as juste bien envie de frapper le pilote pour qu’il aille un peu plus à gauche, puis un peu plus à droite. Là, tu vois bien, très bien, trop bien la faucheuse arriver aussi vite que si elle s’était fait refiler la grippe intestinale par un kangourou qui passait par là.
Heureusement, le pilote, il est trop fort et il a trop la classe, alors il bute la faucheuse et finalement, tu peux défaire ta ceinture de sécurité en constatant bien malgré toi que tu dois avoir avalé un truc pas clair parce que tu t’es fait dessus (après tu comprends que c’est une grippe intestinale, mais sur le moment, tu sais pas).
[Mode Zubrowka OFF]
Je remercie très fort Monsieur A. qui m’a fait cette jolie surprise.