Comme j'ai pas beaucoup d'inspiration ces derniers temps, je recolle un texte que j'avais mis sur mon ancien blog.
Je sais c'est facile de ressortir de vieux posts recouverts de poussière, mais bon. Voilà.
En attendant que ça revienne, je vous laisse, j'ai de l'eau dans le gaz...



Société de consommation, tu m'auras pas. Le mythe du service rendu, même au prix le plus élevé vient de tomber lamentablement. T'es foutue, j'y crois plus.

Mardi 27/01/04, 19h30. Laissant aux oubliettes les soucis matériels et philosophiques d'une journée de travail bien remplie, le coeur serein d'avoir rempli ma mission de fourmi, je me dirige d'un pas joyeux et guilleret vers le temple de la consommation moderne afin de sustenter les besoins primaires et hebdomadaires d'un cadre dynamique, ainsi que les désagréments qu'ils peuvent poser.

Parcourant les rayons de mon supermarché de proximité relative, je remplis gaiement mon panier de consommables de premières et secondes nécessités, heureux de répondre positivement aux messages subliminaux des packaging produit de quelques grandes multinationales de la consommation de masse, lorsque mon oeil averti tombe en arrêt sur un paquet de 12 rouleaux de papier toilette triple épaisseur qui me permettra dans l'intimité de mes toilettes, de prendre soin de la douceur de mon postérieur. Je choisis donc pour mon dernier besoin, ce lot exceptionnel contenant 2 exemplaires de produit gratuit. Sans perdre une seconde l'esprit pragmatique qui me caractérise si bien dans ce genre de situation : le paquet propose, en plus de la promesse principale du produit, une poignée de transport qui facilitera le retour à la case départ.

Le coeur battant de tant d'intelligence pratique, je me dirige, toutes dents dehors vers la caisse enregistreuse qui se chargera d'avertir mon banquier de la justesse de mon investissement. Passé le portique magnétique sensé protéger la société de ses détraqués déliquants, je prends le chemin du retour.

Le temps de la journée étant resté sur la position "pourri" du baromètre, la route est semée d'embuches aqueuses, qu'il me faut laxement contourner nonobstant la surcharge due à mes amplettes.

Lorsque soudain, le pire arrive. La poignée de plastique destinée à me faciliter la vie pour le transport du papier hygiénique n'étant composée que d'un morceau de plastique souple, cette dernière cède du coté droit. Le coté gauche se trouvant soumis à une charge que Newton qualifierait d'excessive, le plastique de l'emballage principal craque sous mes yeux impuissant, provoquant la chute vertigineuse de l'objet de ma fierté dans l'une des nombreuses flaques d'eau, libérant par la même occasion les susdits rouleaux.

Je n'ai pu récupérer que deux des 12 rouleaux. Moment de solitude, lorsque, accroupi dans la position du chien qui chie, les passants ont pu me contempler, au sommet de ma gloire, ramassant une à une les pépites hygiéniques et les transporter niaisement vers la poubelle la plus proche.

Je me console en pensant que les 2 restants étaient les deux gratuits.

Une conclusion, tout de même. La notion d'absorption n'est pas prise à la légère chez moltonel : il n'est rien resté de la flaque après cette mésaventure...