Un peu plus de vingt quatre heures après le décès de Jean Paul II, je suis touché de la ferveur qui se manifeste à travers le monde pour le Saint Père.
Moi même catholique de culture, non pratiquant par facilité, mais élevé dans une famille très fervente et pratiquante, la réaction du monde (et ma propre réaction) à l'annonce de la mort du Pape, me laisse bouche bée.
Les médias insistent sur sa capacité à utiliser les moyens de communication et sur ses nombreux voyages, comme une exclusivité dans l'histoire de l'Eglise.
Je suis d'accord avec ces éléments, même si force est de remarquer que les Papes précédents vivaient à une époque où la télévision, la radio, et les moyens de transport étaient moins développés.
Ce qui me touche, en revanche, dans son parcours, c'est l'émotion qui ressort de ses discours, les faits réels et marquants de son pontificat (sans que cela soit exhaustif) :
- Boris Eltsine, qui admet que la chute du communisme n'aurait pas eu lieu sans l'intervention du Pape
- L'image d'un homme qui prend dans ses bras son assassin, et demande une grâce pour ce dernier
- Sa capacité non égalée à réunir en un même lieu des millions de personnes
- La réunion de l'ensemble des religions pour des discussions oecuméniques (avec cette image d'une étreinte avec le Dalai Lama)
- Sa volonté et sa détermination dans sa souffrance
- La douceur et la détermination que l'on pouvait lire dans son regard
- Son acte de pardon au nom de l'Eglise envers les autres religions
Au dela de tout cela, bien sur, tout ce que l'opinion peut reprocher à Jean Paul II. Son engagement contre l'avortement, ses prises de position contre l'utilisation du préservatif, etc...
Comment un guide spirituel et religieux peut-il se prononcer pour ces éléments, alors même que certains des principes fondateurs de sa foi sont le repect de la vie et la fidélité ??
Quels chefs religieux se sont-ils prononcés pour ?
Quels hommes ont-ils été capables de ce dont il a été capable ?
Union, paix, sérénité et foi voilà comme je vois cet homme qui a su écouter et rester droit envers ses convictions, avec toute la dimension religieuse que cela implique.
Ce soir, d'une certaine façon, je suis fier d'être catholique.